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LA VIA VERDE D’OJOS NEGROS

Cette voie verte de renommée internationale s’étend sur 180 kilomètres, suivant l’ancien tracé du chemin de fer minier entre le petit bourg au poétique nom d’Ojos Negros, dans la province de Teruel, et la ville de Sagonte, dans la Communauté valencienne. Les locomotives fumantes descendaient chargées de minerai de fer d’Ojos Negros et remontaient à vide, pour redescendre aussitôt.  Après 65 ans de bons et loyaux services, elles cessèrent toute activité en1972, la mine ayant cessé d’être rentable. La petite ville, jadis florissante, qui comptait un théâtre, un casino, des hôtels de luxe, tomba alors dans l’oubli. Jusqu’à ce que les premiers tronçons de Via Verde soit aménagés sur le tracé des voies ferrées.

Ce sont désormais des cyclotouristes venus des quatre coins d’Europe qui fréquentent la ligne.

Bien que la Via Verde s’appelle Ojos Negros, du nom du village d’où partait la voie ferrée, le trajet est aménagé à partir de Santa Eulalia del Campo, quelques vingt kilomètres plus bas. Peu à peu chaque année les pouvoirs publics rajoutent quelques centaines de mètres, mais pour l’instant il est préférable de commencer l’aventure à Santa Eulalia del Campo.

Les cyclistes peuvent profiter de paysages impressionnants, de villages pittoresques et d’une histoire minière fascinante le long de ce parcours. Il n’est pas nécessaire d’être un athlète surentraîné pour se lancer dans cette aventure. Néanmoins il convient de tenir compte de l’isolement de la Via la plupart du parcours.

Nous avons choisi de faire le trajet (180 km en principe, qui seront près de 200 km au final) en trois étapes, mais beaucoup de cyclotouristes plus nonchalants préfèrent ajouter une étape et dormir le premier soir à Teruel. Votre choix dépendra évidemment du temps dont vous disposez et de votre état de forme. Quoi qu’il en soit la Via Verde de Ojos negros est loin d’être exigeante physiquement.

Voici notre périple:

ÉTAPE 1: SAGUNTO – SANTA EULALIA – LA PUEBLA DE VALVERDE (62 KM)

Train de Sagonte à Santa Eulalia del Campo : nous garons avec une heure d’avance notre voiture sur le parking de la gare de Sagonte, le plus près possible des bâtiments. Pas de problème pour accéder aux quais, tout est prévu, et des dizaines de cyclotouristes font ce trajet chaque année.

Départ 10,05 h – Arrivée à Santa Eulalia del Campo à12,34 h.

Deux heures et demie d’un voyage agréable, du littoral méditerranéen jusque vers les hauts plateaux déshabités d’Aragon, en passant par des paysages d’une grande beauté.

Une fois la gare abandonnée, nous traversons le village, sur les indications des habitants, habitués aux cyclistes, et prenons la route A-1511 vers la droite. Juste après une fabrique de ciment (il n’y a que cela à l’horizon, pas moyen de se perdre !) se trouve l’entrée à la Via verde, à gauche. Voyez les photographies ci-contre.

Et c’est parti pour une journée de BTT tranquille. Pas la peine de se presser, nous aurons bien le temps d’arriver. La voie est relativement bien entretenue, alternant le goudron avec la terre battue. Le climat de cette région est continental, très chaud en été et froid en hiver, et les chemins souffrent de cette amplitude climatique. Mais dans l’ensemble nous trouvons une Via verde agréable à suivre. La sensation d’être perdus entre le ciel et la steppe est curieuse. L’horizon est infini pour cette première journée. Nous roulons bien.

Néanmoins une petite erreur de navigation nous oblige à faire cinq kilomètres de plus, visitant un village qui n’entrait pas dans nos plans. Nous en profitons pour dégager un premier enseignement : il faut être vigilant aux croisements de chemin. Dans l’ensemble la Via est bien signalée, mais il convient de confirmer notre chemin si nous avons un doute (pas beaucoup de passants à interroger, mais nous avons un track et même Google Maps nous indique la voie à suivre).

À Teruel la Via Verde passe à quelques kilomètres de la ville. Cette petite capitale de province vaut certes le détour mais nous la connaissons d’un voyage antérieur, aussi nous décidons de pousser plus loin. C’est à ce point que se trouve la seule côte digne de ce nom, et qui ne dure guère plus de deux cents mètres.

Vient ensuite la montée vers le Col d’Escandon à 1223 mètres, mais la pente est si douce qu’elle est imperceptible, malgré les kilomètres qui commencent à peser dans les jambes.

Nous traversons un champ d’éoliennes impressionnantes ce jour de grand vent, et nous avons une rencontre tête â tête avec un chevreuil surpris. De temps en temps une maison abandonnée, et une sensation de solitude et de nature jamais connue auparavant. 

Finalement nous arrivons sans encombre à notre première étape : La Puebla de Valverde. Nous avons décidé de dormir dans un hôtel sur la Via Verde : la Fonda de la Estación.

Quelques commentaires...

Nous sommes dans cette partie de l’Espagne de plus en plus dépeuplée qui couvre des régions entières dans des paysages frappants de beauté.

Il fait très chaud en ce mois de juin et nous n’avons prévu que deux bidons d’eau par personne, un peu juste. 

En été, munissez-vous de lotion anti-moustique et solaire, de chapeau ou casquette, de lunettes de soleil de qualité. Au cas où, une veste ou polaire. La nuit est fraîche. 

En hiver, imperméable, culotte d’hiver, vêtements chauds d’appoint. Et de l’eau, beaucoup d’eau. 

 

ÉTAPE 2: LA PUEBLA DE VALVERDE – CAUDIEL

Dès huit heures le lendemain, après un bon petit déjeuner, nous entamons notre deuxième étape, la plus spectaculaire sans aucun doute.  La Via Verde avance entre les pins, serpentant de tunnel en tunnel. Fort heureusement la plupart de ceux-ci sont éclairés, mais nous avons bien fait de prévoir une lampe frontale, car certains sont longs, une centaine de mètres, et parfois le système d’éclairage n’est pas en bon état.

La descente, à peine perceptible la plupart du temps, facilite le coup de pédale, et nous avançons à bon rythme, sans nous presser. Nous essayons de trouver un bar dans le village de Sarrion, mais c’est dimanche aujourd’hui, et malgré la beauté du village, nous repartons sans notre café de mi-matinée.

Peu après nous arrivons au fameux viaduc d’Albentosa. Un nouvel émerveillement devant le paysage. C’est l’arrêt photographie à ne pas manquer. Puis la voie paraît dégringoler vers la méditerranée, que l’on ne voit pas encore, mais dont la proximité se laisse sentir dans la flore qui nous entoure. Nous nous plongeons durant quelques kilomètres dans un étrange paysage. En effet, un an après un terrible incendie qui a ravagé ces montagnes, la nature reprend ses droits à matches forcées. Des troncs noirs surgissent déjà des pousses vertes, et l’herbe se fraie un chemin vers la lumière entre les tapis de cendres. De temps en temps nous croisons le petit train qui nous amena à Santa Eulalia del Campo, qui nous salue d’un coup de sifflet.

Enfin, après une soixantaine de kilomètres, nous voici à Caudiel. Nous prenons un apéritif sur la place, et nous nous dirigeons vers notre logement, un groupe de cabanes dans le village. Il est temps de prendre un peu de repos. À demain!

ÉTAPE 3: CAUDIEL – SAGONTE

Le ciel est couvert aujourd’hui, et dès que nous prenons le chemin la pluie commence à tomber. Faiblement d’abord, mais tout à coup un orage spectaculaire se déchaîne. Nous trouvons abri dans un tunnel, et une fois passé l’orage nous reprenons la route, dans un paysage verdoyant. Mais quelques kilomètres plus loin, alors que nous traversons le village de Jérica, pour reprendre la Via Verde après l’agglomération, c’est cette fois le ciel qui nous tombe sur la tête. Une pluie drue, très rare dans ses contrées, nous oblige à nous réfugier dans le premier bar que nous trouvons. C’est un coup de chance. Le bar Tino de Jérica est le meilleur souvenir de ce voyage. Nous déjeunons deux fois de suite, liant conversation avec les villageois, et nous reprenons finalement la route avec plus d’une heure de retard sur l’horaire prévu, mais avec le sourire aux lèvres.

Nous descendons toujours plus, abandonnant les montagnes, jusqu’au village de Torres Torres, où termine la Via verde. Néanmoins le chemin jusqu’à Sagonte, où nous avons abandonné la voiture, est indiqué. Une heure de plus et vers les 15,00 h nous voici rendus à la gare de Sagonte.

Les sensations sont diverses : euphorie pour avoir terminé la plus longue Via Verde d’Espagne, une certaine fatigue, car les derniers kilomètres sont éprouvants (enfin pas trop quand même, n’exagérons rien). Nous avons découvert également un pan d’histoire de cette région, et traversé des paysages changeants et magnifiques.

Comme bien souvent en Espagne, nous éprouvons la sensation que ce pays possède une richesse touristique incroyable et non (ou mal) exploitée. À certains endroit le tracé de la Via verde est mal entretenu, et l’offre en logements et restauration n’est pas complète, loin s’en faut. Mais peu importe, nous connaissons et aimons l’Espagne, aussi pour cela.

QUELQUES CONSEILS:

Train Sagonte- Santa Eulalia del Campo: Attention, il y a très peu de places pour les vélos dans les trains espagnols. Concrètement seulement trois place par train. Et il est indispensable de réserver si vous ne voulez pas courir le risque de vous voir refuser l’accès au train. Réservez ici :

https://www.renfe.com/es/fr

Et surtout réservez très longtemps à l’avance. Si vous venez en voiture, vous pouvez choisir de la laisser garée sur le parking de la gare de Santa Eulalia del Campo (assez sûr) et de faire la descente vers Sagonte où l’un des participants prendra le train (sans vélo, donc pas de problème de réservation) pour remonter chercher le véhicule. Compliqué ? Certes, mais nous sommes en Espagne, il faut garder le sourire…

Si vous venez à plusieurs ou si votre budget vous le permet vous pouvez également vous faire amener à Santa Eulalia voire à Ojos Negros par une agence spécialisée, demandez-nous la liste.

© Pierre Lassauvetat pour Espagne-tourisme